Célébrons la fête des Mères et des Pères ordinaires

On célèbre ces jours-ci la fête des Mères et très prochainement la fête des Pères. Nous avons demandé à Tanya Desforges comment elle voyait le rôle de parent lorsqu’on est propriétaire d’une entreprise familiale.

Lorsqu’on interroge Tanya concernant la conciliation travail-famille, elle lance à la blague « as-tu une autre question ».  Dans nos vies effrénées, la culpabilité est le lot de bien des parents et cela semble encore plus le cas lorsqu’on est propriétaire. Tanya évoque avec regret les 24 décembre au soir où l’énergie n’est pas au rendez-vous; les soirs où elle travaille et n’est pas avec ses enfants; ces fois où elle ne peut les accompagner à vélo pour se rendre à l’école.  Comme d’autres mères, elle se sent bien ordinaire. Elle ne le nomme pas ainsi, mais on le sent dans ces propos. Pourtant, elle fait son gros possible pour ajuster son horaire à celui de ses enfants, mais cela ne semble jamais complètement satisfaisant. Elle a trouvé plein de petits trucs pour être le plus souvent avec ses enfants, notamment en les impliquant dans son travail, comme le faisait son père avec elle.

D’ailleurs, elle évoque avec sensibilité ces moments où Serge Desforges, son père, l’amenait à Montréal magasiner. Ce qui lui permet d’affirmer fièrement qu’elle connaît certains de ses fournisseurs depuis plus de 25 ans. Elle se rappelle aussi ces moments où elle, son frère et sa mère s’occupaient du repas pour ensuite se rendre à la joaillerie et souper avec son père. 

Tout comme ses parents, Tanya n’est pas parfaite. Et pourtant, ils lui ont montré à ne jamais renoncer, à être respectueuse, à foncer, à être polie et à son tour, elle lègue ces valeurs à ses enfants. Nos parents ont beau être imparfaits, on les aime de tout notre cœur. Peut-être que l’on devrait accepter cela pour nous-mêmes.

Certes, une fois adulte on comprend tous les sacrifices qui doivent être faits pour offrir le meilleur à ses enfants. Mais Tanya se souvient aussi de toutes les fois où son père lui a manqué et c’est peut-être pourquoi elle connaît si bien la valeur du temps. Chaque mois de décembre, la petite Tanya a vu son papa le temps d’un instant :  un bisou au lever et un autre au coucher et celui-là, elle n’en avait même pas conscience ! C’est peut-être pour cette raison que Tanya prend le temps de célébrer la fête des Mères et des Pères. Certains voient là une fête commerciale suivie d’une autre, mais c’est pour Tanya Desforges une occasion de plus de passer du temps avec eux. C’est l’occasion de faire un BBQ, de célébrer et de rendre extraordinaire un dimanche après-midi. Et c’est un peu comme cela qu’elle voit le cadeau que l’on fait lors de ce type d’événement.

Ce qui devrait être offert selon elle, ce n’est pas une bébelle, ni un gadget ou encore moins un cadeau pour se débarrasser. La chose la plus importante à offrir à ses parents, c’est du temps. Prendre le temps de sélectionner un présent, de le choisir minutieusement, et ce, dans le but de rendre ce moment bouleversant. Et c’est peut-être pour ça que Tanya Desforges ne tient pas un supermarché, mais bien une bijouterie. Dans une bijouterie, ce que l’on offre, ce sont des émotions et les émotions sont une brèche dans le temps.

C’est la fête des Mères et des Pères, prenons le temps de célébrer ensemble, prenons un temps avec eux, car il nous manque tous cruellement. Mais surtout, célébrons ensemble nos imperfections de parents, car malgré elles, nous transmettons le meilleur à notre progéniture.